mercredi 18 avril 2012

Là où l'on chasse les gazelles dans le souk

Retour du Maroc.

Devant les collines d'épices, les marchands vous haranguent:

"Hé le gazou, viens ici avec tes gazelles! J'ai plein de sacs très beau pour toi, cuir véritable!"

2 semaines de "stage" avec l'Ecole Supérieure de Journalisme à Casablanca, puis Rabat, entrecoupées d'une balade à Marrakech.

120 photos de personnages, de portraits, de scènes de vie sur les marchés ou dans les médinas aux rues tortueuses. Le Maroc côté pile, c'est les immeubles luxueux, le faste des soirées au champagne. Côté face, c'est la misère des enfants des rues, le désordre urbain d'un chaos attachant.

Ced

samedi 14 avril 2012

Quand les Mayas repeignent le Mexique

Deux semaines à courir la péninsule du Yucatan...

Deux semaines de photos sous le soleil brûlant du Mexique!

https://picasaweb.google.com/113007348618372152832/Mexique?authuser=0&feat=directlink


vendredi 27 janvier 2012

jeudi 5 janvier 2012

Sri Lanka, un train de sénateur

Je lui montre mon appareil photo. Il dodeline de la tête. Oui ou non? Je me risque à coller mon oeil contre le viseur. L'homme me dévoile une rangée de dents dévorée par la noix de bétel qu'il chique : un sourire rouge, le regard mutin. Il a cette étincelle de vie qui transcende un visage. Devant lui, il y a son étal. Aubergines, poivrons, gombos, piments, haricots. Rouge, vert, jaune, violet, orange, rose : un festival de couleurs illumine ce petit marché. Le soleil est déjà haut dans le ciel, et dans le petit matin la chaleur est écrasante. Il flotte une odeur de cardamome dans l'air, je suis au Sri Lanka.

Sur cette île grande comme l'Irlande, je retrouves les joies du voyage. De mon vol, je ne retiendrai que la course effrénée dans les couloirs de l'aéroport d'Abu Dhabi pour attraper ma correspondance. A Colombo, la nuit est noire, le Bandaranaike Airport passe un disque de Noël de Richard Clayderman. Yohan, un vieil ami srilankais de Genève m'attend avec sa cousine. Il m'emmène chez lui, au coeur de ses origines familiales. Dans les rues désertes de la capitale, je retrouve les sensations de la route : ce chaos endormi des métropoles orientales, les néons blafards de ces épiceries qui ne ferment jamais, les chiens errants s'offrant leur nuit magique dans les abysses des poubelles. Les carrosseries se frôlent : je ressens encore cette frustration des conducteurs de bus, celle de ne pas avoir choisi d'embrasser la carrière de pilote de formule un.

Mon aventure au pays du thé, c'est d'abord une histoire de rythme. On ne vit pas le nez sur le cadran, la patience est mère de toutes les vertus. Mieux vaut ne pas être trop pressé, ni trop exigeant. Commandez un plat qui ne mijote pas déjà dans la soupière et vous comprendrez. Jamais un Srilankais ne s'avouera vaincu : si le poulet requis n'est pas dans le frigo, l'homme grimpera dans un bus pour aller l'acheter au marché de la ville la plus proche, à dix kilomètres de là. Et quand on sait que les véhicules roulent à une moyenne honorable de 25 km/h, on a tout le loisir, affamé, de ronger le plastique de sa chaise ou d'attaquer le formica de la table. Faire soi-même l'expérience des bus, c'est fermer les yeux à chaque dépassement, risquer de passer deux heures sur le marchepied en cas d'affluence, se protéger des intempéries qui sévissent à l'intérieur même du véhicule. C'est aussi se délecter de l'odeur d'encens qui embaume l'habitacle, répondre à ces sourires qui traversent les visages, s'imprégner des paysages à une allure flâneuse. 

Dans le train, les sièges sont tous occupés. Le couloir est occupé par une quinzaine de parents qui ont laissé leur place à leur progéniture ou leurs aïeuls. Je suis debout dans l'alcôve constituée par la porte des toilettes à ma droite et celle du train à ma gauche. Cette dernière a d'ailleurs été laissée à quai, permettant à une famille de s'asseoir, leurs pieds se balançant au-dessus des rails. J'ai quitté la moiteur de Kandy, deuxième ville du pays, son temple, son impressionnant jardin botanique où s'ébattent un millier de roussettes, ces chauve-souris grandes comme des corbeaux. J'ai laissé, bien au chaud dans mon coeur, le douce présence de la famille de Yohan et Noémie, les rires de leur petite Léanne, deux ans, le regard curieux de "mini" Hayleen, trois mois. Dans l'ouverture béante laissée par la défunte porte, des plantations de thé s'étagent sur les flancs des collines. Parfois, on peut distinguer les saris aux couleurs vives des ramasseuses. A mesure que le train avance, à un "train de sénateur" justement, les températures se rafraîchissent et l'altitude augmente. Je sors la tête de temps en temps pour prendre une photo du train qui s'étire dans le virage. A mon retour en France, je remarquerai que sur chacune d'entre elles, il y a cette petite fille qui me regarde de la fenêtre, au premier plan : tantôt souriante, tantôt sous un gros bonnet ou me prenant elle-même en photo. Les pentes vertigineuses sont bientôt comblées par un épais brouillard, obstruant toute tentative d'émerveillement. A Haputale, je descends. Ce village perché sur la crête de la montagne domine la plaine sud du pays. Il parait que sans la brume, on y verrait jusqu'à l'océan. 

Seul et isolé dans cette auberge qui sent le poisson, je sens des montées de claustrophobie à mesure que la brume s'épaissit et que le crachin prend des allures de tempêtes. Je vis là, la pire nuit de mon voyage, grelottant sous les couvertures d'une chambre offerte aux quatre vents.

Plus bas, lorsque les pentes s'adoucissent, et que les frimas restent sagement accrochés aux cimes, je retrouve la chaleur tant attendue. Une dense végétation accompagne mes errances, la jungle enveloppe les villages traversés. Quand il faut changer de bus, j'en profite pour me ravitailler : samosas aux légumes, pains au piment et parfois ces "roti", sorte de galette souple à base de chair de noix de coco que l'on trempe dans un curry de lentilles, le dhal. Au Sri Lanka, la nourriture c'est sacré. Inspirée par un ensemble de préceptes ayurvédiques (la médecine traditionnelle), la cuisine locale délecte les papilles. Le rice & curry, c'est la base. Un riz blanc ou safrané, entouré de deux ou trois currys de fruits ou de légumes (haricots, lentilles, betteraves, jacques, mangues), d'un curry de viande ou de poisson et parfois d'une préparation à la noix de coco. On laisse sa fourchette et son couteau en Europe et on plonge la main droite dans l'assiette, jusqu'à la deuxième phalange pour mesdames, la troisième pour ces messieurs (sommes-nous tant gauches pour mériter d'un tel traitement de faveur?). On pioche dans chaque curry, puis dans le riz, pour former une boulette composite prête à finir dans le gosier. Si les premiers jours sont difficiles, on s'y fait. La seconde étape consiste à réfréner ses envies de se gratter l'oeil : même après un lavage de main efficace, le piment qui vous brûle déjà l'oesophage n'en a pas fini de vous faire couler une larme. Enfin, on se régale... 

Suite au prochain épisode,

Ced

jeudi 17 novembre 2011

En images

Une année de balade à décortiquer, alors j'y vais pas à pas...

Quand la saison oblige chien et loup à se donner rendez-vous deux heures plus tôt, j'ai le temps et je vous emmène pour une petite balade à rebours, sur mes traces, en vidéo cette fois!

Au Vietnam! (cliquez ici!)

D'autres à suivre très vite...

Je vous embrasse depuis Paris,

Ced